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Je suis un intello précaire – Chronique dézinguée d’un artiste perdu dans la tourmente néolibérale.


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« L’empire », c’est ringard…

Bonjour ami précaire. Aujourd’hui, je te parlerai des idées reçues sur l’isolement et la solitude de ton congénère l’intello précaire. Mais rassure-toi, à la fin, tout se termine dans une explosion d’optimisme estival.


L’intello précaire est souvent isolé. Son rayonnement créatif, politique ou social est restreint car, par définition, il vit en marge des médias mainstream et, s’il lui arrive d’avoir un pied dans la place, il n’a aucune chance d’en vivre ou de grimper les échelons car les places sont chères (les grandes écoles de la nation sont aussi d’énormes agences de placement) et… l’obéissance est de rigueur.


Je sais, cette dernière remarque est une simplification. Disons plutôt que l’obéissance s’impose d’elle-même lorsque sont réunies les conditions nécessaires à l’acceptation de catégories de pensée propres à la doxa en place. En gros, l’obéissance est le symptôme d’un mal plus profond et on ferait une erreur de jugement en la plaçant au centre de la discussion.


Et le talent ? Me direz-vous ? Et la méritocratie ? Eh bien, ce n’est en général pas un facteur de réussite, le talent (La méritocratie fera l’objet d’une autre chronique). Le monde est rempli de gens plein de talent qui ont des idées, des projets sensationnels et… qui restent dans l’ombre.


Nous, les intellos précaires, nous devons repenser très sérieusement les motifs de nos frustrations car, à coup sûr, ils sont erronés voire mal placés et infantiles. Ils sapent nos forces et nous désespèrent inutilement.


Mais on aurait tort de croire qu’il s’agit là d’un handicap. Vous vous attendiez peut-être à ce que je vous cite la fable du Chien et du loup ou bien celle des raisins verts ; pas du tout. Cette chronique n’est jamais amère et nous ne sommes pas pleurnichard pour deux sous. La condition d’intello précaire se mérite, voyez-vous.


Que veux-je dire par là ? J’invite seulement mes frères à s’interroger sur leur façon de vouloir changer le monde. Pour ma part, je suis de ceux qui se penchent sur le Syndrome de la Reine Rouge pour mettre en perspective la quantité de changement dont chacun est capable.


Vous trouverez cette reine rouge dans Alice au pays des merveilles. Sa particularité, et c’est presque comique tant c’est absurde (dans un premier temps), est de courir sur place, et ce, de toutes ses forces, sans jamais avancer d’un poil.


« Changer le monde »… c’est une tâche qui se fait d’abord en groupe… On s’y met à plusieurs.


Mais si vous êtes isolé, prenez conscience que votre première occupation est celle de la reine rouge. Elle est noble, a n’en point douter. Mais elle vous place dans une perspective qui force l’humilité et l’abnégation. Ne vous frustrez pas ; vous seul vous êtes mis dans cette situation. Tirez-en le meilleur parti. C’est là que Deleuze entre en jeu : dans une société d’individus, les changements se font à l’échelle de l’individus, autour de celui-ci. C’est lui le moteur du changement dans un univers, dans un espace qui est le sien et qui peut s’unir à l’univers de l’autre occupé à la même existence. C’est presque de la philosophie asiatique ; un long périple commence par le premier pas, puis le second, etc. Soyez une ville fortifiée !


Ne pensez pas « empire » mais « villes italiennes » de la Renaissance ! Et vous verrez, cela ira mieux.

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