Je suis un intello précaire - Chronique du 13 juin 2018


Eh oui, les précaires ne bossent pas l'été (ou très peu) ; ils ne foutent pas grand-chose le reste de l'année non plus. Voilà pourquoi vous aurez le droit à une chronique au quotidien (ou presque). Oh, je ne vais pas me fouler ; juste quelques lignes, de quoi vous occuper -montre en main- pas plus de 4 minutes. Oui. Je suis un intello précaire. Ce n'est pas une pose ! Je suis fauché, je n'ai pas de retraite privée et pas beaucoup d'épargne. Je travaille à Londres dans plusieurs universités et ce, depuis 15 ans. Je suis prof et jamais personne ne m'a proposé un contrat de travail. Je suis vacataire, bosse souvent le samedi, ou en semaine jusqu'à 21 heures. Comme j'ai une bonne heure de trajet, j'arrive chez moi crevé entre 22 heures et 22 heures 30. Je m'en plaignais encore il y a quelques jours, de retour dans ma ville natale, à l'île de Ré et mes interlocuteurs (tous des Français sous contrats) me répondirent : "C'est super ! Comme ça tu as la liberté de choisir tes horaires et les endroits où tu bosses !" En Macronie, n'est-ce pas, ces gens-là le disent sans malice. Le monde des travailleurs est une bombance, chacun peut choisir son patron, ses collègues et ses horaires. Il m'aurait bien fallu quinze minutes pour leur expliquer mais il n'y a rien de plus tenace qu'un lavage de cerveau dans un pays libre. Alors, c'est ici, dans cette chronique que je vais tenter de démacroniser les démocrates. Je sais on en a plein la bouche. A demain.

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